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La conscience qu'a l'être humain non seulement de sa propre existence, mais
également de l'existence de son environnement et de son interaction avec ce
dernier, l'a nécessairement forcé à s'interroger sur sa nature
et celle de l'univers au sein duquel il évolue. En l'absence de réponses
concrètes et facilement identifiables, l'histoire a démontré
qu'il s'est alors créé des mythes et légendes afin d'expliquer
ce qui lui apparaissait, a priori, inexplicable. C'est ainsi que l'épilepsie
était associée à une possession démoniaque, les maladies
infectieuses à des punitions divines et les maladies héréditaires
à des malédictions familiales. La porphyrie a donné naissance
au mythe des vampires et la lycanthropie à celui des loups-garous. La corne
du narval a alimenté le mythe de la licorne. On a longtemps cru en la nature
fantomatique des feux-follets. Bref, devant l'étrange, devant l'inconnu, l'humain
invente. C'est plus fort que lui, c'est dans sa nature.
Pour expliquer son existence et celle de son univers, depuis la nuit des temps que
l'humain s'invente des dieux. Seulement en Inde, on dénombre plus de 30 millions
de dieux. Et fait étonnant, chaque religion est absolument persuadée
de détenir LA vérité, et ce en n'ayant absolument rien de concret
à offrir aux incrédules afin d'assurer leur conversion. Le simple fait
qu'aucune unanimité n'existe est un indice assez puissant qu'il n'y aucune
certitude évidente à l'horizon en matière de croyance religieuse
pouvant rassembler l'humanité tout entière. Cette absence de consensus,
jumelée à la nature intensément imaginative de l'humain, offre
les bases d'un raisonnement difficile à réfuter, soit celui conduisant
à la nécessaire conclusion que l'humain a créé son créateur.
Pour beaucoup d'autres raisons encore, j'adhère entièrement au postulat
d'objectivité de la nature énoncé par Jacques Monod dans son
essai «Le hasard et la nécessité» (dont je recommande fortement
la lecture à tous, d'ailleurs) et de ce fait je me déclare officiellement
brillant, c'est-à-dire que j'ai une vue naturaliste du monde, lequel je considère
libre de tout élément mystique ou surnaturel.
En d'autres mots: il n'y a pas de miracles.
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