Déclaration

de Éric Martel

 

La conscience qu'a l'être humain non seulement de sa propre existence, mais également de l'existence de son environnement et de son interaction avec ce dernier, l'a nécessairement forcé à s'interroger sur sa nature et celle de l'univers au sein duquel il évolue. En l'absence de réponses concrètes et facilement identifiables, l'histoire a démontré qu'il s'est alors créé des mythes et légendes afin d'expliquer ce qui lui apparaissait, a priori, inexplicable. C'est ainsi que l'épilepsie était associée à une possession démoniaque, les maladies infectieuses à des punitions divines et les maladies héréditaires à des malédictions familiales. La porphyrie a donné naissance au mythe des vampires et la lycanthropie à celui des loups-garous. La corne du narval a alimenté le mythe de la licorne. On a longtemps cru en la nature fantomatique des feux-follets. Bref, devant l'étrange, devant l'inconnu, l'humain invente. C'est plus fort que lui, c'est dans sa nature.


Pour expliquer son existence et celle de son univers, depuis la nuit des temps que l'humain s'invente des dieux. Seulement en Inde, on dénombre plus de 30 millions de dieux. Et fait étonnant, chaque religion est absolument persuadée de détenir LA vérité, et ce en n'ayant absolument rien de concret à offrir aux incrédules afin d'assurer leur conversion. Le simple fait qu'aucune unanimité n'existe est un indice assez puissant qu'il n'y aucune certitude évidente à l'horizon en matière de croyance religieuse pouvant rassembler l'humanité tout entière. Cette absence de consensus, jumelée à la nature intensément imaginative de l'humain, offre les bases d'un raisonnement difficile à réfuter, soit celui conduisant à la nécessaire conclusion que l'humain a créé son créateur.


Pour beaucoup d'autres raisons encore, j'adhère entièrement au postulat d'objectivité de la nature énoncé par Jacques Monod dans son essai «Le hasard et la nécessité» (dont je recommande fortement la lecture à tous, d'ailleurs) et de ce fait je me déclare officiellement brillant, c'est-à-dire que j'ai une vue naturaliste du monde, lequel je considère libre de tout élément mystique ou surnaturel.


En d'autres mots: il n'y a pas de miracles.